Pour des passages piétons arc-en-ciel !

Dans le cadre de la communication de la Maire sur la Stratégie LGBTQI+ de Paris notre groupe a proposé l’implantation de passages piétons arc-en-ciel sur les sites où se dérouleront les Gay Games. Retrouvez ci-dessous l’intervention de Laurence Goldgrab :

Madame la Maire, Merci.

Merci de nous donner l’opportunité de débattre d’un sujet si important à nos yeux.

Merci de mettre en lumière cette cause.

Merci enfin, de nous permettre d’évoquer au sein du Conseil de Paris l’ensemble des politiques menées par notre majorité et celles à venir pour lutter contre le fléau que représentent les LGBT-phobies.

Le 17 mai dernier était la Journée Mondiale de la lutte contre l’homophobie et la transphobie.

Car oui, comme nous avons toujours besoin en 2018 d’une journée de défense des droits des femmes, une journée de lutte contre l’homophobie et la transphobie reste elle aussi plus que jamais nécessaire.

Car oui, dans le dernier rapport de SOS Homophobie du 15 mai dernier ce sont près de mille agressions LGBT-phobes recensées, mille de trop.

Car oui, dans le monde, chaque année des femmes et des hommes sont condamnés, enfermés, assassinés, exécutés parce que la société où ils vivent n’accepte pas qu’ils puissent choisir d’aimer la personne de leur choix ou d’être comme ils se sentent vraiment eux-mêmes.

Car oui, chaque année, il est important à Paris de rappeler à l’occasion de la Marche des Fiertés que si des progrès déterminants ont été faits, je pense notamment au mariage pour tous, il n’en reste pas moins de vastes combats à mener.

Car Oui, ce weekend encore, lors de la Pride de l’Ile Maurice, les militants LGBTQI ont dû faire face à des attaques de la part d’homophobes armés décidés à ne pas les laisser fièrement exprimer leurs revendications. Et que oui, aujourd’hui dans l’Océan Indien l’homosexualité n’est pas encore dépénalisée.

Et si Paris a été élue Ville la plus gay friendly du Monde selon le site « misterb&b », renforçant ainsi notre conviction que nous travaillons à la construction d’une ville accueillante, inclusive et tolérante, les chiffres, nous le rappelle d’une bien triste façon, nous devons poursuivre nos efforts et notre travail de pédagogie et de prévention pour mettre fin à ces violences et à la discrimination.

Jean-Luc Roméro Michel, dont je veux en ces lieux saluer l’investissement sans faille, le courage et le travail remarquable, le souligne dans sont très intéressant rapport remis l’an dernier, Paris comme ville LGBTQI est en perte de vitesse. Ville emblématique des luttes LGBTQI, elle semble depuis plusieurs années être moins visible, moins investie pour l’offre LGBTQI. Le quartier si emblématique du marais se transforme et perd aussi peu à peu son caractère si particulier qui en faisait un quartier d’engagement et de militantisme de la cause et l’offre LGBTQI.

Nous devons donc collectivement travailler au maintien de l’image de Paris comme ville engagée, festive et touristique pour la communauté LGBTQI.

Paris, doit rester une terre d’accueil pour tous ceux opprimés parce qu’ils sont gay, lesbiennes, bi, trans, queer, intersex ou plus…

Venus de l’étranger mais aussi parfois de territoires français où cela est encore mal accepté. Car oui, il demeure des départements, des régions françaises où appartenir à la communauté LGBTQI n’est pas accepté, à peine tolérer. Paris doit être une ville refuge, car elle est l’espoir pour bon nombre de jeunes LGBTQI français de trouver une ville, un refuge, qui les accepte tels qu’ils sont, où ils peuvent exprimer leur personnalité alors que c’était impossible de là où ils viennent.

Paris doit être porte drapeau du combat pour l’égalité des droits, en tant que ville moderne et démocratique mais aussi aux côtés des associations LGBTQI+ qui militent depuis de nombreuses années.

Dans votre communication vous avez très bien mis en valeur le formidable travail entrepris par notre collectivité, l’engagement de notre majorité et le soutien apporté au tissu associatif et militant pour mener à bien cette lutte pour l’égalité des droits et la visibilité des causes LGBTQI.

Signe supplémentaire de son engagement et de sa politique de diffusion des valeurs de tolérance, Paris accueillera la 10ème édition des Gay Games en août.

Un évènement qui propose de mêler sport et culture et de réunir des gens de tous les horizons sans discrimination autour des valeurs de diversité, respect, égalité, solidarité et partage. Bref un véritable projet de société auquel, vous le savez, nous adhérons totalement.

Nous avons d’ailleurs proposé un vœu, pour symboliser de façon matérielle et durablement l’accueil de cet évènement particulier par des passages piétons aux couleurs de l’arc-en-ciel aux 4 points cardinaux de notre Capitale et à proximité des lieux qui accueilleront les Gay Games. En proposant pour exemple des lieux tels que le stade Jean Bouin à l’Ouest, la piscine Roger Le Galle à l’Est, les Buttes Chaumont au Nord ou la Cité Universitaire au Sud.

Chaque grand évènement sportif, laisse un héritage à la ville hôte. Ces passages piétons aux couleurs du drapeau LGBTQI seront eux aussi un héritage des Gay Games. Un héritage visible du plus grand nombre. C’est là aussi contribuer à donner de la visibilité aux causes LGBTQI dans l’espace public. Cela peut aussi être un moyen ludique d’aborder la question avec des publics plus jeunes.

Dans les chantiers qui nous semblent prioritaires à mener ou à achever pour cette fin de mandature, celui du Paris sans SIDA. Le VIH est un virus qui discrimine, il touche certains groupes de personnes plus durement que d’autres, et notamment les hommes homosexuel ou bisexuel.

Un engagement a été pris, celui de faire de Paris une Ville d’amour sans SIDA. Nous devons donc redoubler d’effort pour pouvoir parler un jour au passé de ce virus et atteindre l’objectif en 2030 de zéro nouvelle contamination.

Madame la Maire, Mesdames et messieurs les adjoints mobilisés autour de ces combats, au nom du groupe RGCI je tiens à saluer votre travail et votre engagement et vous dire que nous sommes à vos côtés pour poursuivre ce combat, qui nous l’avons vu est plus que jamais d’actualité.