Pour une politique culturelle de proximité et simplifiée !

Riche, dense, diverse, moderne et innovante, l’offre culturelle à Paris est exceptionnelle.

Les parisiens ne s’y trompent pas et sont fiers de leur ville, de son attractivité et de son maillage unique de musées, monuments, théâtres, salles de spectacles, cinémas, librairies, galeries d’art, conservatoires, bibliothèques etc.

Les nécessaires rééquilibrages en faveur des quartiers populaires, un accès favorisé aux musées municipaux parisiens, une politique de maintien des commerces culturels en centre-ville via la Semaest, une aide circonstanciée aux théâtres et salles de spectacles pour prendre quelques exemples, sont des outils de réussite de notre politique culturelle en faveur de la diffusion.

Et si je mélange le public et le privé c’est volontairement parce que notre responsabilité est de reconnaître qu’aider les entreprises culturelles indépendantes comme nous le faisons est un enjeu majeur en faveur de la diffusion de la culture à paris.

Mais si Paris est en pointe de la diffusion culturelle, notre ville doit aussi axer ses priorités en faveur de la création d’une part et de l’accès à tous à la culture d’autre part. Ces enjeux sont permanents et ils évoluent sans cesse. Chaque parisien acteur de la culture plutôt que consommateur de produits culturels c’est un défi que vous lancez et qui suscite l’adhésion. Pour nous cela passe par la démocratisation de la culture d’abord.

Les inégalités sociales d’accès aux équipements culturels persistent. Avoir un équipement culturel en bas de chez soi ne signifie pas qu’on en poussera les portes. Des barrières existent et c’est de notre responsabilité de les identifier pour les faire tomber.

Nous proposons tout d’abord de renforcer la culture de proximité. Les contrats culture en arrondissement poursuivent cet objectif. Nous espérons que cette méthode sera rapidement étendue à l’ensemble des arrondissements, et qu’elle s’accompagnera de moyens supplémentaires qui peuvent, par ailleurs, être de différentes natures, financiers comme humains.

Nous avons formulé le vœu que davantage de moyens soient octroyés aux mairies d’arrondissement, afin de leur permettre de mettre en place une vraie politique culturelle déconcentrée, au plus près des habitants et de leurs attentes. Des initiatives et des festivals locaux d’arrondissement existent, mais souvent face au peu de moyens qui leur sont accordés, les mairies d’arrondissement ne peuvent organiser un évènement culturel et mener d’autres actions en parallèle. Pourtant ces évènements locaux rencontrent généralement un beau succès et permettent aussi de soutenir la diversité culturelle et l’émergence de projets divers professionnels ou amateurs.

Nous proposons aussi une simplification des démarches administratives, nécessaires à l’organisation d’évènements culturels sur l’espace public. Tous les acteurs de ce domaine sont unanimes, les démarches actuelles sont longues, laborieuses, complexes et coûteuses. Elles constituent un frein et parfois un coup d’arrêt à des projets qui ont pourtant le mérite de permettre à la culture d’aller à la rencontre du public, et potentiellement de nouveaux publics. Cela nous semble parfaitement s’inscrire dans notre travail de démocratisation de la culture.

Nous devons renforcer également la médiation culturelle partout où cela est possible. Le projet ambitieux et extraordinaire d’investir des tronçons du périphérique lors de la Nuits Blanche, territoire symbolique, véritable fracture du territoire francilien, est une excellente initiative pour favoriser l’accès de tous à la culture et offrir une nouvelle vision de cet espace. Je sais que vous avez approuvé l’idée de renforcer la médiation culturelle lors de la Nuit Blanche.

Pour l’ensemble de ces missions nous devons réfléchir aux modèles économiques de nos institutions. Il existe une grande disparité des modèles économiques et de missions. Nous souhaitons une meilleure cohésion, une meilleure lisibilité des missions poursuivies et le cas échéant une mutualisation de moyens afin de dégager des marges de manœuvre pour servir avec un maximum d’efficacité notre politique culturelle d’accès de la culture à tous les parisiens.

Autre priorité de la mandature, le soutien à la création.
– Inventer de nouvelles formes de financement pour la création ;
– Développer une infrastructure pour la création professionnelle à paris ;
– Proposer des espaces de travail adaptés et accessibles ;
– Créer un fond de 1% marché de l’art avec le Crédit Municipal de Paris et les maisons de vente aux enchères pour financer la création artistique
– Créer un Fonds parisien pour le spectacle vivant
Autant de mesures que nous approuvons !

Et surtout, Quatre fabriques culturelles auront été inaugurées d’ici 2020, un signe fort envoyé aux acteurs de la création et reflet de notre engagement. Lieux de la création partagée et de la transmission pour tous les publics au cœur de quartiers populaires comme les Plateaux Sauvages ou Le Grand Parquet, Centre d’art et de recherche ou encore un lieu de travail dédié aux arts de la rue et du Cirque, ce sont ces initiatives qui permettront à Paris de demeurer un territoire de création.

Dans le secteur de l’économie culturelle, nous avons exprimé un soutien sans faille aux entreprises culturelles qui diffusent comme c’est le cas des start-up hébergées dans nos différents incubateurs. Mais nous devons désormais impérativement renforcer le soutien de la ville aux des entreprises indépendantes qui créent et produisent du contenu pour favoriser la diversité culturelle dans le domaine de la musique, du cinéma et de la vidéo. Des structures existent, elles sont de beaux succès, je pense au MILA et au LABO de l’Edition, mais comment mieux soutenir ces productions indépendantes qui sont les garantes de l’éclectisme et de la richesse de la culture ? L’équilibre entre diffusion et contenu est primordial, au risque, sinon, de créer des bulles vides.

La richesse, l’éclectisme sont également symbolisés par la diversité des lieux de création soutenus par la Ville, comme le centre culturel Hip-Hop La Place. Ouvert en avril 2016 il a pour vocation à devenir le poumon du hip-hop parisien et contribuer à la création et à la diffusion de cette culture à part entière, nous souhaitons donc obtenir un premier bilan de son activité afin d’en avoir une vision exhaustive.

Vous l’évoquez dans votre communication, la culture, comme les autres secteurs professionnels, n’est pas épargnée par les inégalités entre Femmes et Hommes. Vous avez pris des dispositions pour lutter contre le plafond de verre qui empêche encore, trop souvent, des femmes d’accéder aux postes de direction, nous les saluons.

La culture Hip-Hop, musique, danse, graff… est encore un secteur majoritairement masculin. Si des artistes féminines excellent, elles sont moins nombreuses et souffrent d’un déficit de notoriété.  Nous souhaitons que La Place contribue à la féminisation du Hip Hop et à l’émergence de talents féminins.

Innover pour permettre aux oubliés d’avoir accès à la culture, permettre à la culture d’être présente partout et aussi dans les lieux où on ne l’attend pas, ou plus, comme la prison ou l’hôpital, c’est là tout le sens de la politique culturelle que nous souhaitons porter. Nous devons être un véritable médiateur entre les acteurs pour voir naître des projets pérennes, comme c’est le cas dans le cadre du plan d’accueil des réfugiés.

Il y a encore de nombreuses idées ou projets que nous souhaiterions développer et sur lesquelles nous espérons travailler avec vous et l’ensemble des acteurs de la culture ainsi que le public. La grande réunion d’octobre en sera, sans aucun doute, l’occasion.

Tous les adjoints en charge de la culture effectuent un travail remarquable et leur ambition est à la hauteur de notre capitale culturelle. De belles réussites sont derrière nous, et de magnifiques sont à venir, pour conquérir de nouveaux publics et toucher plus largement toutes les parisiennes et tous les parisiens.