Pensons le périphérique de demain ! Le groupe RGCI à l’initiative d’une mission d’information et d’évaluation.

L’histoire du boulevard périphérique débute bien avant 1973. Elle remonte aux « fortifs » de Thiers, dont la démolition a été actée par une loi qui aura 100 ans en 2019. Avant leur démolition, elles étaient devenues un véritable lieu de vie et de loisirs pour les ouvriers Parisiens, mais aussi des bidons villes.

Puis ce fut le temps des HBM, autre forme d’enceinte autour de la ville, et on a voulu y construire une ceinture verte, tristement abandonnée après 1941.

Puis ce fut l’ère du tout « automobile », considérée comme révolutionnaire. Les portes de Paris sont devenues des nœuds de circulation et la nécessité de relier l’ensemble des autoroutes qui convergeaient à Paris, la priorité. Le périphérique était né, véritable autoroute urbaine et avec lui une nouvelle enceinte, autre forme de fracture territoriale encerclant Paris.

Pourtant avant même son inauguration, les urbanistes critiquaient ce projet. Pompidou alors Président répondait simplement « les Français aiment les bagnoles ». On connait la suite, à peine ouvert déjà saturé, déjà dépassé.

Ce rappel historique permet d’éclairer le débat actuel et à venir. Paris doit-il rester cloisonner ?

On a voulu se protéger on a érigé un mur, on a voulu faire la part belle à la voiture on en a fait une autoroute. La question est que veut-on pour demain ?

Au cours de l’histoire, les choix qui ont été fait ont été ceux d’infrastructures lourdes, obsolètes avant même d’exister et bien embarrassantes aujourd’hui.

35,4 kilomètres de long, 35 mètres de large, axe le plus fréquenté d’Europe, 50 échangeurs, 1,2 million de véhicules par jour… La démesure caractérise le boulevard périphérique dont les coûts d’entretien et les nuisances sont aussi monumentaux que les mégastructures qui le composent.

Cet arc routier est cependant devenu un élément central de l’attractivité de notre Ville, au cœur des mobilités des parisiens et franciliens. Le trafic y a été multiplié par 5 et avec lui la pollution sonore et atmosphérique, si dangereuses pour la santé.

Les 80 décibels qu’il émet chaque jour et 70 la nuit ainsi que la pollution atmosphérique impactent directement les 160 000 personnes qui vivent à moins de 200 mètres et les 50 000 qui travaillent le long des maréchaux car logements, stades, écoles ou hôpitaux bordent le périph.

C’est pour toutes ces raisons que le groupe RGCI a souhaité la création de cette Mission d’information : « le périphérique : quelles perspectives de changements ? ». Il nous parait essentiel que les élus de Paris s’emparent de cette question parisienne.

 

Parisienne car le périph est intramuros et nous ne pouvons avoir une vision pour l’avenir de Paris sans le prendre en considération.

Il faut donc, collectivement, trouver des solutions à court terme parce qu’il y a urgence et que nous devons être prêt pour les JOP 2024 et aussi trouver des solutions sur le long terme pour rendre cette ceinture attractive. Nous devrons être vigilants car l’innovation d’aujourd’hui sera peut-être dépassée demain, ce qui nous oblige à faire preuve d’humilité. Le monde évolue, vite, très vite.

Des villes ont su se saisir de cette question et transformer leur réseau viaire. Je pense notamment à Madrid, dont le profil est similaire au nôtre avec sa rocade à moins de 5 kilomètres de son centre-ville. La M-30, sorte de périphérique madrilène, d’où partent toutes les principales autoroutes espagnoles. Enfouissement, bus en site propre avec sa voie réservée faisant le tour de la M-30, voies réservées à l’auto partage et gares routières permettant le lien avec le centre-ville, Madrid a réussi la mue de son périphérique.

Bien sûr pour Paris la question ne se limite pas à celle des mobilités. La MIE devra aborder les questions de l’urbanisme, de la santé, de l’attractivité mais aussi l’esthétique et la culture.

Après tout, Paris est capitale de la culture et le périphérique son premier visage. Le projet de la Nuit Blanche 2019 abonde justement en ce sens.

Je ne peux bien entendu pas présager des conclusions et des préconisations que produiront la MIE mais je suis très enthousiaste à l’idée de mener ces travaux avec l’ensemble des groupes.

L’objectif ? Une vision pour Paris, par Paris mais avec les villes limitrophes, pour qui le périphérique est tout aussi nocif et représente une vraie ségrégation, tant physique que mentale.

C’est un sujet plus que jamais d’actualité, le projet de SCOT envisage de rompre avec la fracture territoriale que représente le périphérique et le Forum Métropolitain s’est emparé de la question de l’évolution du réseau viaire à l’échelle régionale. Nous sommes ravis de pouvoir y apporter cette contribution parisienne.