Communication sur l’égalité femmes/hommes : l’intervention de Laurence Goldgrab

Madame la Maire, Chers collègues,

Depuis mardi 6 novembre à 15h35, les femmes travaillent gratuitement.

Il y a 75 ans, soit hier à l’échelle de l’humanité, nos grands-mères se battaient pour obtenir le droit de vote, c’est-à-dire être considéré comme un membre à part de la société. Il a fallu attendre 1965 pour avoir le droit d’ouvrir un compte en banque, c’est-à-dire être considéré comme capable de manipuler de l’argent. 10 ans plus tard c’est le droit à l’avortement qui était accordé aux femmes, c’est-à-dire le droit à disposer de son corps.

Ces femmes qui se sont battues pour le droit des femmes auraient-elles imaginé qu’en 2018, nous aurions encore besoin de nous battre pour faire respecter une règle pourtant élémentaire, à travail égal, salaire égal. Car malgré un arrêt de 1996, ce n’est toujours pas une réalité.

Écarts salariaux, emplois précaires, discontinuité dans les carrière, charge mentale, plafond de verre… il y a beaucoup à dire sur les retards que nous avons accumulé en France.. et je n’ose aborder ceux à l’échelle mondiale…

Mais sans aller si loin, il suffit parfois de discuter avec un ami, un collègue, un parent ou d’allumer sa télé pour s’apercevoir que certains préjugés ont la vie dure et que tant qu’ils seront si présents il sera difficile d’atteindre une réelle égalité.

Pour tendre vers cet objectif nous devons tous nous mobiliser. Femmes et Hommes. Il faut mesurer l’ampleur du phénomène, pour mieux le connaitre et mieux le défendre.

Le mouvement MeeToo l’année dernière a libéré la parole, des voix s’élèvent enfin pour dénoncer les paroles et les comportements abjectes qui ne devraient plus exister depuis longtemps. Sans tomber dans une quelconque caricature, sans pointer du doigt indifféremment toute une frange de la population, nous pouvons néanmoins reconnaitre que du chemin reste à parcourir.

La Ville démontre depuis de nombreuses années son engagement fort sur ce sujet, un engagement qui se manifeste aussi bien dans le soutien aux associations, qu’à la formation et la sensibilisation de ses agents ou dans le rééquilibrage de ses pol

itiques RH que dans des politiques volontaristes dans le domaine de la formation, du sport ou de l’éducation.

Oui l’éducation car une fois encore le travail débute chez les plus jeunes. Vous le rappelez dans votre communication. Comment transmettre dès le plus jeune âge la culture du respect des femmes et de l’égalité aux filles comme aux garçons, les citoyens de demain.

Quand des animateurs touchant un jeune public, se permettent à une heure de grande écoute d’aborder avec une totale désinvolture des sujets aussi graves que le droit à l’avortement ou le viol conjugale, en laissant dire tout et n’importe quoi, il est urgent de s’inquiéter. S’inquiéter et agir pour que d’autres messages soient transmis et que l’on puisse aborder avec le sérieux et la gravité qu’ils nécessitent ces questions.

 

Pour toucher ce jeune public, il faut aussi leur fournir des exemples auxquels ils peuvent s’identifier. C’est pour cette raison que nous défendons un vœu pour que la Ville soi encore plus pro active dans la promotion des femmes dans la production de contenu culturel, dans tous les secteurs et notamment dans le Hip-Hop très écouté par les plus jeunes. Nous avions déjà évoqué ce sujet à l’occasion de la communication sur la culture, nous tenons ici à réaffirmer notre position n’ayant pas reçu d’éléments concrets depuis.

 

Notre autre vœu porte sur le soutien aux familles monoparentales. Vous rappelez les chiffres dans votre communication : ¾ des familles monoparentales ont une femme à leur tête et 36% de ces familles vivent sous le seuil de bas revenus.  Et en plus d’être exposés à des emplois instables, des trajectoires de carrières interrompues ou de subir des temps partiels, ces femmes souvent sont victimes d’isolement. Un isolement moral et de fait. Par notre vœu nous proposons donc que le Conseil de Paris communique sur l’existence et le travail de ces associations qui viennent en aide aux femmes et aux familles monoparentales plus largement. Nous proposons que cette communication se fasse notamment dans les écoles, et les collèges pour s’assurer de toucher ces parents.

 

Le temps m’étant imparti ne me permettant pas de saluer une à une les bonnes mesures et les dispositifs existants, je tiens à le faire globalement. Nos politiques vont dans le bon sens. Elles reflètent l’engagement de ne rien laisser passer, de sans cesse rappeler que les violences sexuelles et sexistes n’ont pas leur place dans notre ville et dans notre société. Nous pouvons encore les améliorer, et nous le ferons.

 

 

Nous devons poursuivre la reconquête de l’espace public, en démultipliant la présence des femmes et les initiatives, pour que les femmes ne se demandent plus avant de sortir quel chemin est le plus sûr ou est-ce que ses chaussures lui permettront de courir si nécessaire… Que l’on entende plus sur notre chemin messages fleuris ou des sifflements.

 

Madame la Maire, Vous pouvez compter sur l’engagement de notre groupe à vos côtés dans toutes les politiques qui combattront les inégalités.