Intervention de Laurence Goldgrab à l’occasion du vœu adopté relatif la lutte contre les LGBTphobies et à la violence à l’égard des personnes LGBTQI+

Tabassés pour un baiser dans une rue, pour du maquillage, pour une main tenue … bref tabassés ou insultés pour rien. Depuis plusieurs semaines les histoires se suivent et ce qui les relie c’est cette même haine crasse qui conduit à agresser gratuitement une personne dont l’orientation sexuelle dérange. C’est ce qui se passe en 2018 dans nos rues, à Paris comme en France.
Selon les chiffres officiels, il n’y aurait pas plus d’agressions homophobes, en revanche les victimes en parlent plus. Elles osent afficher ces visages tuméfiés, déformés pour dénoncer ces actes ignobles. Mais bien qu’il n’y ait pas de regain d’agressions, il n’en reste pas moins qu’une agression est déjà une de trop.
Mais que faire ?


Ne soyons pas naïfs, si ce vœu est important par sa symbolique – qui démontre la dynamique qui anime désormais tous les courants politiques de notre assemblée pour dire STOP à ces violences – il y a un très important travail de fond à faire qui dépasse même les compétences de notre modeste assemblée.
Ces agressions s’inscrivent selon nous dans un climat violent, dans une société qui banalise de plus en plus la violence. À commencer par la violence verbale, sur les réseaux sociaux et qui laisserait penser que s’en prendre physiquement à une personne en raison de son orientation sexuelle est une suite logiques aux insultes proférées derrière son écran.
Cette violence, cette haine véhiculée se diffuse de plus en plus, et fait de plus en plus de victimes. Ce n’est pas anodin si nous connaissons actuellement en France un regain des agressions antisémites.
Il ne faut pas prendre à la légère des insultes parfois banalisées. Explique que non même pour rire on ne s’insulte pas de « pédé ». Ça commence dans les cours d’école.
Ça se poursuit par une veille active sur les réseaux, pour dénoncer toutes les dérives.
Ça se poursuit également en contribuant à la structuration d’un tissu associatif fort, véritable acteur de cette lutte et interlocuteur incontournable. Partenaire de nos politiques publiques.
Il faudra aussi reconnaitre, que nous avons du retard en la matière et que peut-être, après le débat pour le mariage pour tous nous avons trop vite baissé les armes. Croyant, ou espérant que nous vivions dans une société tolérante et que la prochaine étape était la pleine acceptation.
Peut-être avons-nous été trop optimistes, peut-être avons-nous sauté quelques étapes et manqué des indices témoignant du chemin qu’il reste à parcourir pour y parvenir.
N’ayons pas peur donc d’aller voir chez nos voisins, comme le Québec, le travail qui a été fait pour nous en inspirer. Une grande politique nationale est nécessaire pour rappeler que ce n’est pas anecdotique mais un mal à combattre.
Osons affronter les maux de notre société. Osons les combattre. Osons le courage pour un Paris libre et acceptant.