Retrouvez l’intervention de Laurence Goldgrab sur le document d’orientations budgétaires

Madame la Maire, mes chers collègues,
Je débutais l’année dernière mon intervention en rappelant l’importance du défi que nous avions à relever : tenir nos engagements pour Paris dans un cadre budgétaire incertain et contraint.
L’année s’est écoulée, nous avons eu à nous prononcer – non sans quelques inquiétudes – sur la contractualisation avec l’État et nous avons poursuivi la route tracée depuis 2014 : améliorer le cadre de vie des parisiennes et des parisiens tout en faisant preuve de rigueur et de sobriété budgétaire.
Des inquiétudes concernant les « malus » prévus par la contractualisation qui laisseraient sous-entendre un droit de regard de Bercy sur nos choix budgétaire et donc nos choix politiques subsistent. L’épée de Damoclès de la mise sous tutelle nous semble encore flotter non loin de nous.
Cependant, nous l’avons évoqué il y a quelques mois sur ces mêmes bancs, les termes actuels du contrat nous a permis la contractualisation sans nous éloigner de nos objectifs.
En effet, en lisant le document que vous nous avez communiqué, il semble évident que nous nous situons dans la continuité des années précédentes. Nous avons fixé un cap en2014, avec un programme commun audacieux et nous poursuivons notre action en ce sens tout en faisant preuve de sobriété et de sérieux budgétaire, n’en déplaise à l’opposition qui s’évertue à tenter de déformer la réalité pour dénoncer une soi-disant irresponsabilité de notre part, du gaspillage ou de la gabegie… Oui leur répertoire est riche de synonymes, mais ces synonymes sont tous aussi malhonnêtes les uns que les autres.
Malhonnêtes car les chiffres parlent pour nous et nous disent que nous faisons preuve de sérieux et de rigueur dans un contexte qui nous est défavorable.
Cela a d’ailleurs été souligné par les notes attribuées par les agences de notation financière. Début octobre Fitch a confirmé la note « AA », qui est la plus haute note possible pour une collectivité locale.
Les trois composantes de notre ligne budgétaire :
• sobriété des dépenses de fonctionnement
• stabilité de la fiscalité locale directe pour préserver le pouvoir d’achat des parisiens
• ambitieux plan d’investissement pour la qualité de vie des parisiennes et des parisiens.

N’en déplaise à nos détracteurs, oui nous maîtrisons nos charges de fonctionnement et cherchons de nouveaux leviers de revenus. Pour exemple, les dépenses de fonctionnement n’augmenteront que de 0,38%, hors péréquation.
La masse salariale est maîtrisée, avec des secteurs renforcés pour accompagner les priorités de notre mandature et des reconversions d’agents. Nous saluons cette politique RH fine et nécessaire.
La sobriété et pondération des dépenses de fonctionnement ont, d’ailleurs, toujours été deux conditions de notre engagement et de notre total soutien au budget, pragmatisme oblige.
Paris reste également l’une des villes les moins endettée de France. Sa dette par habitant est de 2549 euros par habitant contre plus de 4700 euros à Nice par exemple.
Paris est une ville solidaire. Ce sont à nouveau 570 millions d’euros que Paris consacre à la péréquation, en participant à hauteur de 55% à la solidarité entre collectivités en Ile-de-France et 22% à l’échelle nationale.
La stabilité de notre fiscalité locale est, elle aussi, au rendez-vous. Nous n’avons pas augmenté le taux des impôts locaux directs en 2016, ni en 2017, ni en 2018 et nous ne le ferons pas en 2019. Cela fait partie de notre engagement pour le pouvoir d’achat des parisiennes et des parisiens. Et nous y sommes particulièrement attachés au groupe RGCI.
Certains concitoyens ont pu constater une augmentation de leur taxe d’habitation cette année. Mais vous l’avez rappelé à plusieurs reprises cher Emmanuel, cette augmentation n’est pas du fait de la mairie mais bien de l’État.
Troisième point qui fonde les bases de notre engagement, l’investissement. Ce sont 1,7 Milliards d’euros qui seront investi pour poursuivre notre programme de mandature pour améliorer la qualité de vie des parisiennes et parisiens.
Un montant dont nous n’avons pas à rougir et qui traduit la volonté de notre majorité pour rendre Paris plus accessible, plus respirable, plus agréable.
Bien entendu, nous ne sommes pas aveugles et nous vivons au quotidien Paris. Nous savons qu’actuellement il est, par quartier, difficile de circuler dans Paris en raison des nombreux chantiers, mais c’est aussi le prix à payer pour une Ville qui évolue, une ville qui se rénove, une ville qui se réinvente et se métamorphose pour laisser plus d’espace public aux mobilités douces.
Paris bénéficie de rentrées fiscales dont le niveau dépend de la bonne santé économique de notre Ville. Et je crois que l’accompagnement du dynamisme commercial est déterminant.
L’activité économique et touristique, l’attractivité de Paris pour les populations et les entreprises ne doivent pas se trouver fragilisées à moyen terme par une insuffisance d’investissements. Il convient donc de continuer à œuvrer pour garantir un environnement serein, apaisé et propice aux investissements extérieurs. Nous resterons en alerte sur ces points.
Ce qui nous amène à la question des choix. Car évoquer les orientations budgétaires, c’est évoquer les choix qui seront à faire et à assumer pour cette dernière pleine année de mandat. Cette année qui doit nous permettre d’aller au bout de nos engagements, mais peut-être aussi de réinterroger nos dispositifs car 2019 ne doit pas être une année blanche mais bien une année d’actions. Une année d’engagements et de réalisations.
Fidèle à nos valeurs et nos combats, le groupe RGCI souhaite les directions suivantes :
• la modernisation de l’administration. Une modernisation qui permet l’épanouissement professionnel des agents tout en assurant toujours plus d’efficacité ;
• un espace public apaisé. Un espace public propre où chacun peut se sentir en sécurité et où le respect de l’autre et de l’environnement est la règle. Et il reste beaucoup à accomplir dans ce domaine ;
• l’égalité des chances enfin, à travers des politiques publiques audacieuses, inclusives et soucieuses de garantir un Paris ouvert à tous. Pour que chacun puisse vivre à Paris, ce qui n’est pas le cas encore je pense notamment aux familles qui s’agrandissant n’ont d’autres choix de quitter la Ville pour garder leur qualité de vie.
Je ne doute pas que ces objectifs soient aussi les vôtres et que nous pourrons y travailler de façon constructive lors du prochain budget.
Je vous remercie pour votre écoute.