12, 14 et 15 novembre 2019

Débat sur les orientations budgétaires, Laurence Goldgrab : « Paris reste la première collectivité solidaire de France »

Madame la Maire, mes chers collègues,

Si les années passent, notre ligne reste la même : tenir nos engagements pour Paris, les parisiennes et les parisiens et ce malgré un cadre budgétaire incertain et contraint.   

Les années passent donc et voici le dernier débat d’orientation budgétaire de la mandature. L’occasion comme vous le rappelez dans votre communication de dresser un bilan budgétaire de la mandature, rendant ainsi le débat d’autant plus intéressant.

Avons-nous tenu nos engagements ? Avons-nous maintenu un taux d’endettement de la ville soutenable ? Avons-nous investi pour notre ville et pour son avenir ?

Politique politicienne oblige, j’ai vu, lu, ces derniers jours les commentaires de mes collègues de l’opposition estimer, comme tous les ans, que la gestion de notre majorité était irresponsable. C’est faux. Ce qui est irresponsable en revanche c’est de déformer ainsi la réalité, en particulier quand on a été aux responsabilités et que l’on a été l’un des artisans de ce budget pendant plusieurs années.

Depuis 2014, nous avons fixé un cap, avec un programme audacieux et nous poursuivons notre action en ce sens tout en faisant preuve de sobriété et de sérieux budgétaire.

Les chiffres parlent pour nous et témoignent de notre preuve de sérieux et de rigueur dans un contexte qui nous est défavorable.

En effet, chaque année, lors du vote du budget au Parlement c’est comme s’il y avait une sorte de concours Lépine avec une prime à celui qui aura l’idée la plus originale pour contraindre encore un peu plus la situation budgétaire à Paris.

Oui Paris est une ville riche, oui Paris a des moyens, mais elle n’a jamais été égoïste, Paris a toujours été solidaire, elle a toujours pris sa part dans la péréquation. Tellement que l’État a eu l’idée d’augmenter le montant de notre péréquation tout en continuant à baisser les dotations de l’État. Plus de péréquation, moins de dotations…

Résultat ? Un delta négatif pour la Ville de 42 M d’euros. Nous devenons donc des contributeurs nets au budget de l’État… c’est historique et suffisamment incongru pour être souligné.

Aborder les décisions de l’État en matière budgétaire me conduit tout naturellement à évoquer la problématique de la taxe d’habitation.

La disparition de cette recette fiscale fondamentale pour le bloc communal entraîne un jeu de bonneteaux dans les recettes fiscales des différents échelons de collectivités.

C’est un véritable jeu de chaises musicales que tente d’orchestrer l’État avec les ressources des collectivités, prendre un peu à l’un pour donner à l’autre, tout en compensant avec les ressources du voisin…  Rien à envier à Houdini dans l’art  du passe-passe.

Ce qui m’amène à la conclusion suivante : l’État manque d’une vision globale des besoins et des moyens de l’échelon communal, celui qui pourtant est au plus près des habitants et qui connait le mieux les réalités de terrain.

Et quid du principe constitutionnel de l’autonomie financière des collectivités ? Car cette mesure, si elle est habillée telle une mesure en faveur du pouvoir d’achat des français, remet un peu plus en cause ce principe auquel mon groupe est très attaché.

Après la contractualisation avec l’État, c’est un deuxième coup dur porté à notre autonomie financière, même si le gouvernement s’est engagé à couvrir cette mesure à l’euro près. Car cette compensation prendra la forme d’une fraction de TVA, adieu donc la dynamique de ressources…

À quand une réforme de la fiscalité locale globale permettant aux collectivités une véritable autonomie financière à la hauteur de leurs compétences et du poids qu’elles assument quotidiennement dans la vie des françaises et des français ?

Le parti auquel j’appartiens, le PRG Centre gauche, a de longue date formulé cette demande et je suis ravie de lire que vous partagez la même ambition madame la Maire.

Malgré ce climat d’incertitudes, malgré la pression toujours plus grande qui pèse sur nos finances et contrairement au message que tente de véhiculer les détracteurs de cette majorité, le sérieux budgétaire et la tenue de nos engagements est au rendez-vous.

Cela a d’ailleurs été souligné par la note attribuée par les agences de notation financière. Le  « AA », qui est la note plus haute note possible pour une collectivité locale a une fois de plus était confirmé.  

Autre fait marquant de cet exercice, le budget pour 2020 sera le 1er à faire l’objet d’une certification de ses comptes puisque Paris avait candidaté à l’expérimentation proposée par la loi NOTRe. Ce qui s’inscrit logiquement dans la continuité des différents chantiers de modernisation menés par la Ville.

Cette démarche vertueuse atteste encore un peu plus notre détermination à assurer aux Parisiennes et aux Parisiens la régularité, la sincérité et la fidélité de nos comptes. C’est un élément de plus de transparence dont nous pouvons être fiers.

Sincères donc, nous restons également fidèles aux trois composantes de la ligne de conduite budgétaire fixée en 2014 :

       sobriété des dépenses de fonctionnement

       stabilité de la fiscalité locale directe pour préserver le pouvoir d’achat des parisiens

       ambitieux plan d’investissement pour la qualité de vie des parisiennes et des parisiens.

À nos détracteurs je voudrais rappeler :

Oui nos charges de fonctionnement sont maîtrisées.

         Une évolution de 0.66% des dépenses de fonctionnement hors péréquation en moyenne au cours du mandat le prouve. Vous le savez, la sobriété et la pondération des dépenses de fonctionnement ont toujours été deux conditions de notre engagement et de notre total soutien au budget. C’est dans notre ADN, nous y restons fidèles.

Oui nous cherchons de nouveaux leviers de revenus.

         Paris, progressivement se modernise et évolue sur cette question. S’il reste encore du chemin à parcourir, nous pensons être sur la bonne voie.

Oui nous respectons le cadre du Contrat passé avec l’État.

          Avec une durée de désendettement à 9,38 années, donc bien en dessous des 12 années fixées par le contrat.

Oui la masse salariale est maîtrisée.

         Cette maîtrise s’accompagne d’un renforcement dans les secteurs prioritaires de notre mandature.

Oui nous investissons dans le patrimoine de notre ville et pour la qualité de vie de toutes et tous.  

         Preuve en est, le bilan présenté lors de nos commissions, sur les opérations en matière d’équipement publics réalisées lors de cette mandature. Une centaine d’opérations dans les domaines de la culture, du sport, de la petite enfance, du social ou du scolaire situés en grande partie dans les quartiers populaires. Des opérations répondant à des exigences d’économie d’énergie (Plan Climat), d’économie de coût,  d’économie circulaire, de sobriété et de qualité d’usage, de végétalisation et biodiversité. Bref répondant aux enjeux d’aujourd’hui et de demain et permettant le déploiement du PIM tout en maitrisant l’endettement.

Oui Paris reste la première collectivité solidaire de France.

         Le témoin est l’augmentation de nos dépenses de péréquation de 6 millions d’euros après une augmentation de 58 millions d’euros entre 2018 et 2019, ne l’oublions pas.

Oui Paris tient son engagement de la stabilité de sa fiscalité.

         Nous n’avons pas augmenté le taux des impôts locaux directs en 2020 il sera le même qu’en 2014. C’est un engagement pour le pouvoir d’achat des parisiennes et des parisiens. Et nous y sommes particulièrement attachés au groupe RGCI.

L’année dernière, lors du même exercice je rappelais l’importance des choix en matière budgétaire, ces choix parfois difficiles qui sont la traduction des engagements politiques que nous prenons. Je faisais le vœu que cette dernière année pleine d’exercice soit une année de réalisations concrètes, et il suffit de regarder autour de nous, dans nos rues, dans nos quartiers pour constater que 2019 n’a en rien été une année blanche.

La majorité a fait le choix de poursuivre les investissements et donc les travaux. Ce choix a suscité bon nombre de critiques de ceux qui ont du mal à voir la ville se transformer positivement, vers une ville plus durable, plus adaptée aux enjeux de demain. Ce choix, s’il n’était pas toujours évident, nous pouvons en être fiers. Il représente notre volonté à toujours voir s’améliorer le cadre de vie des parisiennes et des parisiens sur le long terme.

 

Nous aurons l’occasion d’ici un mois de débattre du budget pour 2020 et de rappeler les valeurs et les combats qui sont chers à mon groupe. Je pense notamment à la modernisation de l’administration. Une modernisation qui permet l’épanouissement professionnel des agents tout en assurant toujours plus d’efficacité ;

        À l’apaisement d’un espace public propre où chacun peut se sentir en sécurité et où le respect de l’autre et de l’environnement est la règle.

        Ou encore à la défense d’une économie locale et dynamique. Condition sine qua none de la bonne santé de notre ville.

 

Je suis certaine que ces éléments trouveront toute leur place dans le budget que nous adopterons, en tous cas votre communication sur le débat d’orientation budgétaire 2020 présentée en ouvre la voie. 

Conseil de Paris Novembre 2019

Les élus du groupe RGCI sont intervenus sur plusieurs sujets à l’ordre du jour de ce conseil de Paris :

  • Hommage aux victimes de l’attentat à la Préfecture de Police d’octobre dernier.
  • Sur le vœu pour la création d’un mémorial en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015
  • Sur la proposition de délibération du groupe 100% proposant la mise en place du stationnement payant pour les deux et trois roues motorisés
  • Sur la proposition de délibération du groupe Génération.s pour la mise en place d’une conférence citoyenne sur l’éventualité de mettre en place un revenu universel à Paris.

Enfin nous avions déposé 2 vœux :

  • le premier (adopté) pour demander un bilan de la mise en oeuvre des vœux votés par le Conseil de Paris.
  • le second (adopté) demandant un plus grand développement des gare multimodales